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Délocalisation Air Liquide Wendling (Commercy) - AV - 19/11/2009

Question posée par Alain VERNEAU - Séance Plénière du 19 novembre 2009

Nouveau coup dur pour le bassin d’emploi de Commercy (Air Liquide Wendling)

« Après la suppression de 80 emplois au 8ème RA et le sursis à statuer pour le reste du régiment, après la fermeture de ROCAMAT à LEROUVILLE, après la suppression de postes à la SNCF tant à LEROUVILLE qu’à COMMERCY, après la réorganisation de l’ONF et la diminution des effectifs des brigades du secteur de COMMERCY, c’est un nouveau « coup dur » qui affecte le bassin d’emploi de COMMERCY.

En effet, le groupe AIR LIQUIDE WENDLING France (plus connu dans le secteur sous le nom de COMMERCY SOUDURE) a prévu la réorganisation de ses activités se traduisant par la suppression sur le site commercien de 54 emplois sur les 148 que compte l’usine.

Les activités Flamme (chalumeaux) et Flux (poudre de soudage) devraient être délocalisées en Italie et en Allemagne, tandis qu’une partie des services commerciaux et administratifs serait supprimée et le service entretien externalisé.

Tout cela, non pas pour des raisons conjoncturelles mais pour financer le résultat du groupe (+ 10 % entre 2007 et 2008, en léger retrait en 2009) et une nouvelle fois permettre à cette société de distribuer des dividendes à ses actionnaires (annonce du PDG d’Air Liquide dans sa lettre aux actionnaires) au détriment de l’emploi.

C’est pourquoi, le soussigné, outre la demande de la mise en place par le Conseil Général de la Meuse de toutes les actions en son pouvoir susceptibles de favoriser le maintien des emplois, sollicite de la part de notre Assemblée unanime, je l’espère, une action collective auprès de l’Etat par l’intermédiaire de Monsieur le Préfet pour :
- que soit maintenu sur le site commercien l’ensemble des services commerciaux, administratifs et d’entretien,
- que la pérennisation de la branche robotique soit au minimum inscrite dans le plan de réorganisation des activités, voire confortée,
- que des emplois de substitution soient proposés par la holding AIR LIQUIDE WENDLING France.

Faute de quoi, l’administration de l’Etat n’accepterait pas le plan proposé. »


M. LE PRÉSIDENT : La parole est à M. JANNOT pour une première réponse.

M. JANNOT : En ma qualité d’élu du bassin de vie de Commercy et comme élu départemental, je partage les préoccupations de notre collègue VERNEAU. Le bassin de Commercy est particulièrement fragilisé et touché en termes d’emplois par les fermetures et diminutions d’effectifs subies depuis des mois. Les chiffres du chômage deviennent de plus en plus inquiétants. Le chômage a augmenté de plus de 20 % en un an.
Les offres d’emplois ont diminué de 30 à 40 % depuis le début 2009 ! Le phénomène touche notamment les jeunes, ce qui est préoccupant, puisque les offres d’emplois auprès des jeunes ont également diminué de 30 %.
La situation de Sauvageau Commercy Soudure résulte d’une décision du groupe. J’ai lu moi-même une lettre de la Direction aux actionnaires que les syndicats avaient récupérée au printemps dernier, qui proposait de « maintenir les performances du groupe en optimisant la rentabilité ». C’est un langage financier du PDG qui met en place une restructuration pour augmenter la rentabilité et la performance. Deux ateliers sont concernés : chalumeau et poudre pour soudage. Il resterait l’atelier soudage robotique, soit 80 emplois. Il convient également de préciser que la structure de Commercy travaille en liaison avec le CRITT « techniques jet fluide et usinage », ce qui atteste d’une unité de performances élevées…

M. Le PRÉSIDENT : Et que l’on aide au travers du GIP.

M. JANNOT : Cette unité est également partie prenante de l’Institut de soudure pour le projet de fusion thermonucléaire. Cela atteste d’une entreprise de haut niveau.
La responsabilité de l’État consiste à conduire la politique économique et sociale dans le département et à se battre pour la défense de l’emploi aux côtés des collectivités. Je préconise donc de suivre la proposition de notre collègue Alain VERNEAU et d’intervenir auprès du Préfet pour qu’il use de tout son poids, de tous ses arguments et éléments de droit pour s’opposer au plan de licenciement, sachant que l’unité est rentable, performante et d’un haut niveau technologique. Je souhaite que cette démarche soit entreprise rapidement auprès du Préfet.

M. Le PRÉSIDENT : Sur cette question, monsieur JANNOT, faites-moi des propositions de rendez-vous auprès des personnes que nous pourrions rencontrer avec M. VERNEAU.
La parole est à M. PICART.

M. PICART : Je voudrais rappeler quelques données fondamentales. C’est à mes yeux de la politique au sens noble du terme. La situation est inquiétante. Je ne reviens pas sur ce qui a été dit. Je partage, en effet, l’idée de l’urgence, le contenu du voeu et les commentaires de M. JANNOT.
La situation qui nous est décrite est le reflet d’une situation où les responsables ont pour seul souci d’augmenter la performance par des « licenciements boursiers ». C’est bien le modèle auquel nous sommes partout confrontés aujourd’hui. Pas tout à fait cependant, puisque nous avons eu l’occasion dernièrement de visiter avec le Préfet l’usine Reichhold Daïnippon, qui a fait le maximum, malgré la baisse de production de moitié, pour préserver l’effectif salarié dans l’éventualité d’une reprise. Les personnels ont été formés, pour redémarrer dans de bonnes conditions.
Pour le cas évoqué par le voeu, qui n’est hélas pas isolé, nous avons affaire à des licenciements boursiers. À un moment donné, il faut pouvoir régenter les situations. Lorsqu’un chef d’entreprise me dit qu’il bricole au détriment des salariés, qu’il les met au chômage technique, qu’il supprime des emplois, pour privilégier les rendements aux actionnaires, je me dis qu’il y a quelque chose qui ne va plus dans notre société.
Nous enfonçons une porte ouverte, nous déplorons, et moi le premier, des délocalisations en Italie ou en Allemagne, mais en fait, depuis Maastricht, la libre circulation des capitaux est avalisée au détriment de l’emploi, le chômage progressant dans des proportions inquiétantes. C’est donc à la correction du système qu’il convient maintenant de s’attacher.

M. Le PRÉSIDENT : La parole est à M. LHUILLIER.

M. LHUILLIER : Sans grande déclaration politique, je voudrais exprimer un sentiment de révolte face à de pareilles situations. L’entreprise continue à être rentable pendant que les discours que l’on entend demandent de consentir des efforts, de faire preuve de solidarité et de partager les effets de la crise. Là, dans le seul objectif du maintien d’un niveau de rentabilité des fonds des actionnaires, l’emploi est touché, l’emploi est atteint et va créer dans le bassin de Commercy, dans le département de la Meuse et dans bien d’autres régions, des situations que les plus démunis devront encore subir.
Jusqu’où et jusqu’à quand cela durera-t-il ? Il est grand temps que des contrepoids et des contre-pouvoirs se mettent énergiquement en place pour faire cesser ce type de situation.

M. Le PRÉSIDENT : La parole est à M. CORDONNIER.

M. CORDONNIER : Chacun mesurera que le département dépassera les 500 licenciements économiques en 2009, en progression de 160 %. C’est du jamais vu. Cependant, la remarque de M. LHUILLIER sera-t-elle un jour suivie d’effet ? J’en doute, d’autant que nous avons affaire à une situation de crise. Je suis plus pragmatique. Je vous rappelle qu’au DOB, nous allons présenter un plan Emploi qui s’intéressera à ceux qui subissent les conséquences de la crise ; même s’il est modeste, il est de notre devoir de vous le présenter ; j’espère que nous nous retrouverons sur ce plan Emploi. Même si les nouveaux textes permettent le maintien des salaires des licenciés économiques un certain temps, il nous faut être réactifs par rapport à la situation. Le Président nous a demandé de présenter un plan Emploi car nous connaissons des situations extrêmes ; nous en étudierons un premier volet ce matin, le reste dans quinze jours. Nous ne pouvons guère faire plus.

M. Le PRÉSIDENT : La parole est à M. DENOYELLE.

M. DENOYELLE : Je partage l’inquiétude de mes collègues et souhaiterais apporter une nuance ou une précision. Quand on parle de l’entreprise en général, il ne s’agit pas de considérer toutes les entreprises de la même façon. Nous condamnons certains agissements dans certaines entreprises qui n’ont rien à voir avec les PME meusiennes que nous connaissons bien et qui elles-mêmes rencontrent des difficultés.

M. Le PRÉSIDENT : Nous sommes bien d’accord.
La parole est à M. LUX.

M. LUX : Trois observations dans le cadre du présent débat.
Je veux appeler à la cohérence. Nous ne pouvons pas regretter que les entreprises soient amenées à pratiquer la politique du désengagement, du licenciement économique en vue d’être plus performantes à l’exportation et, dans le même temps, critiquer de façon transversale une réforme en cours et qui a pour objectif de rendre les entreprises plus performantes par allégement des charges fiscales. À un moment donné, il faut être cohérent.
J’invoquais la situation mondiale ; en Europe, il y a des situations bien plus performantes que la situation française. Voyez l’Allemagne et son excédent de la balance commerciale ; l’Allemagne a déjà mis de l’ordre dans sa boutique et exporte, se plaçant comme premier ou deuxième exportateur mondial. Il n’y a pas de raisons que nous soyons plus bêtes, mais nous devons accepter de mettre de l’ordre dans notre maison.
J’entends, et cela me fait plaisir car j’ai toujours pensé que tout le monde autour de cette table finirait par être gaulliste au sens noble du terme, la nécessité d’un équilibre des pouvoirs dans l’entreprise. Lisez un certain nombre de références gaulliennes et vous verrez que c’est effectivement un objectif auquel il faut parvenir.
C’est une vue de l’esprit que de sauter sur sa chaise en demandant que le marché reste national. Si cela fait plaisir de le dire, cela ne fait pas avancer d’un pouce ! Le marché est mondial ; il faut donc que la gouvernance économique soit mondiale.

M. Le PRÉSIDENT : La parole est à M. LHUILLIER.

M. LHUILLIER : La raison de cette délocalisation est bien une stratégie de groupe et pas seulement le plaisir d’aller s’implanter en Allemagne ou en Italie, parce que les charges y seraient moins lourdes. Nous sommes confrontés à une stratégie de groupe, pour renforcer les bénéfices de l’entreprise. Nous nous plaçons là dans une autre perspective que celles des PME meusiennes.

M. Le PRÉSIDENT : Je suis solidaire du Vice-Président chargé de l’Economie. Nous allons engager ensemble une démarche avec Alain VERNEAU et André JANNOT. M. CORDONNIER a bien rappelé le plan Emploi que nous allons présenter dans le cadre de la DM. 
La parole est à M. LUX.

M. LUX : Je suggère que l’on transmette aussi au Préfet le compte rendu de nos propres observations de sorte à alimenter sa réflexion et à lui montrer notre propre détermination.

M. Le PRÉSIDENT : Merci.



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