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Nicolas Sarkozy fait "bouger les choses" ? - 15/04/2009

NICOLAS SARKOZY FAIT « BOUGER LES LIGNES » ?

Un argument majeur de l’UMP consiste à vanter les « résultats extraordinaires » de Nicolas Sarkozy en Europe et au G20. Il fait « bouger les lignes » dit Michel Barnier.

Il est important de rétablir la vérité. Il y a eu de bonnes initiatives : la plus notable a été d’obtenir de Bush finissant la réunion d’un G20 prenant acte de la réalité du monde, mais au-delà ? Tout est plus contestable.

1- Dans l’Union européenne.

L’affirmation de la crise économique a fait oublier que le programme de la présidence française, qui mettait l’accent sur une politique sécuritaire pour l’immigration et la lutte contre le réchauffement climatique, ignorait complètement l’Europe sociale, prenait son parti de l’augmentation de la durée du travail, ne disait rien de la politique industrielle.

Ce qu’il faut surtout souligner, c’est que la conception intergouvernementale de l’Union européenne prônée par Nicolas Sarkozy conduit à un affaiblissement de l’Europe. Pendant sa campagne électorale, il parlait d’un « directoire » des grands pays en Europe. Il ne faut alors pas s’étonner que dominent les intérêts et les égoïsmes nationaux.

L’intérêt commun des Européens serait que l’UE mette en œuvre un plan de relance important. Au lieu de quoi, nous avons une addition de plans nationaux sous-dimensionnés. L’Union pour la Méditerranée peut être une bonne idée, si elle arrive à intéresser toute l’Europe. Le paquet énergie-climat multiplie les dérogations. L’esprit communautaire est, en fait, sorti affaibli de la présidence française.

2- Au G20.

Nicolas Sarkozy a claironné la grande réussite du G20 pour s’en attribuer partiellement le mérite. L’écoute des médias français pouvait le laisser penser, mais pas la lecture de la presse étrangère. L’insistance de Nicolas Sarkozy sur la « moralisation du capitalisme » peut être une bonne intention -encore que là n’est pas le problème, mais d’imposer des normes sociales et environnementales à l’économie de marché. Cela a surtout permis à Nicolas Sarkozy de prêter la main à Angela Merkel pour freiner tout nouveau plan de relance.

Surtout, quatre grandes questions restent en suspens. Sur la régulation des marchés, rien n’est dit sur la réglementation de la « titrisation », c’est-à-dire la dissémination des risques auprès des épargnants. Surtout, le bilan des banques n’est toujours pas assaini, entretenant a priori l’incertitude sur leur situation.

L’invitation faite aux gouvernements à mettre sur pied des plans de relance d’une ampleur de 5000 milliards de dollars n’a pas précisé les modalités de financement. L’absence de l’Europe, avec les limites de la BCE, pèse lourd. La « moralisation du capitalisme » est restée largement des mots.

Le G20 n’a pas pris en compte les problèmes macro-économiques engendrés par la montée des inégalités de revenus. Enfin, la refondation du système monétaire international a été écartée. L’idée de créer une nouvelle monnaie de réserve internationale n’a pas été débattue. L’accroissement des moyens du FMI n’est qu’un premier pas dans cette direction.

Bref, le combat pour une nouvelle organisation de l’économie mondiale est encore à mener.



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