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Sarkozy et la crise profonde de l’école publique - 12/01/2009

Lundi 12 janvier 2009,

Communiqué de Bruno JULLIARD, Secrétaire national à l’Education

Le Parti Socialiste constate que le Président de la République n’a aucunement pris conscience de la crise profonde qui touche l’école publique.

Alors que les réformes proposées par le gouvernement, comme celles du lycée, du bac professionnel, du recrutement des enseignants ou des programmes du primaire, rencontrent une opposition massive des personnels, des élèves et des parents d’élèves Nicolas Sarkozy ne fait rien pour restaurer un climat de confiance dans l’éducation, condition indispensable à toute politique éducative efficace.

L’annonce d’une mission de concertation pour la réforme du lycée, conduite par Richard Descoings, est une tentative de diversion qui masque mal la volonté de poursuivre l’entreprise de déstabilisation de l’école publique. Il est un peu tard pour annoncer des concertations alors que toutes les réformes ont été annoncées !

Le Parti Socialiste réaffirme que seul l’abandon des suppressions de postes dans le budget 2009 permettra de créer les conditions d’un débat serein.

De la même manière que Nicolas Sarkozy a adressé des vœux teintés de compassion à l’hôpital public alors qu’il est le premier responsable de son affaiblissement, le Président de la République feint de découvrir des difficultés dans l’école alors qu’il les a lui-même créés avec sa politique budgétaire de suppressions massives de postes. Comment faire le constat que l’ascenseur social est en panne, et dans le même temps imposer une telle saignée budgétaire et mettre à mal la carte scolaire ?

Cette incapacité à entendre les attentes de la communauté éducative est d’autant plus préoccupante que l’école a besoin de changements. Il est urgent de lutter contre l’échec scolaire en renforçant le dispositif des ZEP et en instaurant un service public du soutien scolaire. Il est de même primordial de donner une priorité à la formation des enseignants, en privilégiant la préparation sur le terrain et en renforçant les IUFM, contrairement à ce qu’a entrepris Xavier Darcos. Un vaste chantier d’amélioration des méthodes pédagogiques du primaire au lycée doit être lancé, pour promouvoir l’apprentissage individualisé, favoriser l’accès à l’autonomie des jeunes, revoir les temps d’apprentissage à l’école, soutenir le travail en équipes des enseignants et revaloriser les filières professionnelles. Une réforme de l’orientation doit être engagée pour rendre plus performant le service public d’orientation et améliorer la transition entre le lycée et l’université.

Dans la frénésie d’annonces médiatiques de Nicolas Sarkozy, la création d’un Haut commissaire à la jeunesse est une mascarade indécente. 3 ans après les violences urbaines, le gouvernement s’obstine à affaiblir les acteurs des politiques pour la jeunesse : suppression de 25% du financement des actions des associations d’éducation populaire, démantèlement d’établissements publics indispensables comme le CNJ, le CIDJ ou encore l’INJEP, Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire, dont la disparition est programmée pour 2009.

Le Plan de relance de Nicolas Sarkozy a d’ailleurs révélé cette absence cruelle de mesures visant à soutenir la jeunesse et son éducation. C’est pourtant en protégeant et en investissant dans les compétences des jeunes générations que la France pourra relever le défi d’une économie plus forte et plus solidaire. A défaut, Nicolas Sarkozy fera des jeunes les premières victimes de la crise.

Le Parti socialiste appelle les Françaises et les Français à soutenir l‘école publique en participant aux manifestations organisés dans les départements samedi 17 janvier à l’appel des parents d’élèves, élèves, étudiants, et personnels de l’éducation.



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