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Discours de François Hollande à la Villette le 14 juin 2008

DISCOURS DE FRANCOIS HOLLANDE - CONVENTION NATIONALE - LA VILLETTE – LE 14 JUIN 2008

Chers Camarades,

Il est apparu dans le débat d’aujourd’hui que tout le monde a salué le travail qui a été mené, même ceux qui ne voulaient pas voter la déclaration de principes –et je les respecte- et ceux qui se sont abstenus. Ils ont reconnu les progrès qui ont été faits, ils ont considéré qu’ils se reconnaissaient au moins pour une part dans cette déclaration. C’était, en définitive, l’objectif que nous recherchions : être non pas en accord sur tout –on ne pouvait pas l’être, mais au moins tous nous retrouver comme socialistes. Avant même que nous ayons nos débats de congrès –ils vont venir, ils sont là-, nous aurons été ensemble, conscients non pas simplement d’être socialistes, mais d’être clairs sur notre identité.

Je veux remercier tous ceux qui ont effectué ce travail, et notamment Alain Bergounioux. Alain Bergounioux fait partie de ces dirigeants politiques que l’on ne voit pas forcément beaucoup à la télévision, qui ne font pas de déclaration péremptoire. Mais, il est de ceux qui -depuis des années, dans une obscurité qui n’est pas forcément ce qu’ils cherchent et c’est pourtant là que souvent nous les confinons- font ce travail, considèrent que les mots, c’est sérieux, que les résolutions que nous votons nous engagent et pensent le socialisme. Et, s’il n’y avait pas des Alain Bergounioux à la direction du parti, dans les fédérations, il n’y aurait pas le parti tel qu’il est et surtout tel qu’il doit être demain.

Je reconnais bien volontiers que notre déclaration de principes aurait pu être encore davantage enrichie, que nous aurions pu avoir plus de dialogue avec les militants. Je regrette qu’il y ait eu une trop courte participation au scrutin. Mais, il y a tout de même eu des débats passionnés, de longs moments où l’on a hésité sur les termes et essayé d’intégrer le plus d’amendements possible, et nous y sommes pour l’essentiel parvenu sans faire perdre l’équilibre du texte.

J’avais voulu que cette déclaration de principes soit l’aboutissement d’un processus mais aussi le départ d’une autre étape : celle de notre congrès. L’aboutissement d’un processus, parce qu’au lendemain des élections présidentielle et législatives, nous avions voulu prendre les choses dans le bon ordre : savoir pourquoi, une fois encore, nous avions perdu ; savoir pourquoi la droite avait paru à l’offensive sur le plan idéologique et nous dans une forme de confusion ou de contradiction.

Nous avons pris les choses comme il convenait ; d’abord avec trois conventions : le socialisme et l’individu, le socialisme et le marché, le socialisme et la Nation. Ensuite, l’écriture d’une déclaration de principes et nous avons même ajouté tout ce qui pouvait faciliter le « vivre ensemble ». La méthode a été de chercher tout ce qui nous unissait tous –il sera bien temps de savoir ce qui nous sépare. Il nous fallait partir de ce qui correspondait à notre engagement, de le situer, de le marquer, de le présenter à celles et à ceux qui s’interrogent toujours sur notre propre carte d’identité, pour en faire un moment de rassemblement.

Il se trouve que Poul Rasmussen, le Président du Parti Socialiste Européen, a bien voulu venir à notre convention pour, finalement, donner une cohérence à nos travaux. Nous sommes le Parti socialiste français avec une déclaration de principes, mais nous ne sommes pas si différents de beaucoup des sociaux-démocrates en Europe. Nous appartenons d’ailleurs à un Parti Socialiste Européen qui, lui-même, a peut-être besoin aussi d’une déclaration de principes. Il est donc venu, car il tenait à comprendre ce qu’étaient, ici en France, nos positions et il a essayé, lui aussi, de rassembler. Il y est pour l’essentiel parvenu.

Je suis aussi heureux d’accueillir Angelika. C’est une camarade toujours présente dans nos débats et qui vient aussi souvent, comme camarade, nous soutenir au moment des élections. Angelika est Vice-présidente du SPD. C’est le parti avec lequel nous avons, sans doute, le plus de liens –même si nous en avons d’autres avec la famille socialiste européenne. Savoir qu’ils ont mis 8 ans à faire le même exercice que nous ! Cela flatte notre arrogance : nous en 8 mois, on l’a fait !

Mais, quand on lit les textes, celui du SPD lors de son congrès de Hambourg, et le nôtre, on s’aperçoit que sur bien des points, nous utilisons les mêmes mots, nous posons les mêmes valeurs, nous affirmons les mêmes principes. Car nous sommes de la même famille et que, aujourd’hui, plus que jamais nos liens sont essentiels. Je crois aux liens entre la France et l’Allemagne, parce que nous avons plus de responsabilités que d’autres. Par l’histoire, par la force de nos économies, par la capacité qui peut être la nôtre, ensemble, à donner une perspective à l’Europe.

Il se trouve que nous nous réunissons au lendemain de l’annonce du « non » en Irlande. C’est une épreuve pour l’Europe. C’est une épreuve parce que, venant après les « non » français, néerlandais, sur un autre texte –le traité constitutionnel européen-, c’est la même réponse que fait un peuple lorsqu’il est consulté. Je ne crois pas que le « non » irlandais soit en tout point commun avec d’autres « non », en France notamment. Je ne mets pas forcément tous ceux qui ont dit « non » dans la même attitude par rapport à l’Europe. Il suffisait d’ailleurs d’entendre un certain nombre de craintes exprimées par certains Irlandais sur le traité simplifié qui était l’exact contraire –notamment sur l’avortement- des craintes qui pouvaient s’être faites jour au moment du traité constitutionnel européen. Mais, il se trouve que le peuple Irlandais, après d’autres peuples consultés, dit « Non ». Il faut donc essayer de comprendre.

Est-ce le texte qui pose problème ou est-ce le projet européen lui-même ? Et la réponse ne peut pas être simplement de simplifier encore le texte ! À force de le simplifier, il n’y aura plus de texte du tout… Enfin, il restera le traité précédent, c’est-à-dire le plus complexe ! Est-ce un arrangement qu’il faut trouver pour régler le cas Irlandais ? Sans doute, mais cela serait trop simple ! La réponse qui est attendue des Chefs d’Etats et de gouvernements, c’est une perspective, un sens, un projet pour la construction européenne. Si nous ne le faisons pas, cette prise de distance sera à chaque fois confirmée. Il revient donc à la présidence française –puisque c’est elle qui doit prendre ses responsabilités- de faire en sorte qu’il y ait non pas simplement un colmatage, non pas simplement un arrangement, mais une prise de conscience que ce sont les politiques qui doivent être corrigées.

Nous-mêmes, socialistes européens, nous devons prendre notre part dans le règlement de cette crise car l’affaiblissement de l’idéal européen –c’est ce processus qui est en route- n’est pas une bonne chose pour l’affirmation de l’idéal socialiste en Europe.

Parce que, si c’est l’idéal européen qui se délite et le grand marché qui s’installe –lui est là, résiste à tous les référendums et à tous les refus de textes institutionnels-, alors c’est l’affaiblissement de la solidarité, alors c’est la réduction du projet européen simplement à une zone de libre échange, alors c’est la perte de la dimension politique de l’Europe face à d’autres puissances, et notamment les Etats-Unis.

C’est, enfin, la crainte d’une résurgence des replis nationalistes ou communautaires. Voilà l’enjeu et je crois qu’il était important aujourd’hui de rappeler que l’espérance européenne fait partie de l’idéal socialiste et que nous ne laisserons pas tomber ou retomber cet espoir -né depuis plus d’un siècle- de former, ensemble, en Europe, non pas simplement une alliance de nations, mais un projet qui nous dépasse et qui donne à la paix, à la solidarité, à la maîtrise de notre destin, un levier supplémentaire.

C’est pourquoi, la déclaration de principes que nous venons d’adopter rappelle non seulement que nous sommes un parti européen, mais un parti qui a pris sa part, et la part essentielle, dans la construction de l’Europe. Voilà pourquoi il fallait faire une nouvelle déclaration de principes. Ce n’est pas un exercice qui se fait fréquemment ! Je crois que c’est la 5è en un siècle !

Pourquoi fallait-il y revenir ? Nous aurions pu rester sur celle de 1990.

La première raison est que le monde a tellement changé : le Mur de Berlin, on ne parlait pas de la mondialisation, on ignorait les puissances émergentes tant et si bien que la Chine et l’Inde étaient considérées comme des pays sous-développés, il n’y avait pas toutes les mutations technologiques que nous avons connues, les problèmes moraux qui se sont posés depuis ; il n’y avait pas aussi ce rapport qu’il faut nouer forcément face à une réalité qui change. Il fallait prendre en compte non pas le monde tel qu’il est au XXè Siècle, mais tel qu’il sera au XXIè.

La deuxième raison qui justifiait que l’on y revienne est que nous étions toujours en procès. C’est d’ailleurs une réalité pour les socialistes, ils sont toujours en procès. Quand ils font, on se demande pourquoi ils font et s’ils ne font pas… Ah ! on vous l’avait bien dit. Ils sont soi-disant toujours tentés par le modernisme, mais quand ils y vont trop fort, on les suspecte et quand ils rappellent leurs valeurs, ils sont d’infatigables apôtres du statu quo ! On était donc toujours sous ce procès : « Mais quand allez-vous faire votre aggiornamento ? ».

Même si nous l’avions déjà fait. Nous sommes forcément interpellés « qui êtes-vous les socialistes ? ». On peut répondre que nous sommes des socialistes, mais au bout d’un certain temps, cela fait un peu tautologie. Et bien, comme nos amis Allemands ont fait leur Bad Godesberg, nous nous venons de faire notre La Villette pour trancher cette question et nous l’avons fait avec exigence intellectuelle, en capacité de marquer franchement, clairement ce que nous sommes.

Il faut donc être capable –c’est pour moi l’argument principal- de répondre à l’offensive idéologique de la droite. Une déclaration de principes, c’est de l’idéologie. C’est de l’idéologie qui peut se traduire dans une politique gouvernementale. Il y a une offensive idéologique de la droite. Elle est d’ailleurs assumée. La droite pense même qu’elle l’a gagnée. Elle se trompe, mais à nous de le démontrer. Cette idéologie est en cours de traduction. Je vais la résumer en trois mots :

- Individualisation : individualisation de tous les rapports sociaux dès l’école et ensuite au travail ; sur le salaire qui n’est d’ailleurs plus le mode de rémunération et qui se voit remplacé par l’intéressement ; pour la préparation de la retraite, la protection contre les aléas de la vie, la maladie… L’individualisation de tout ; que tout soit démantelé pour qu’il n’y ait qu’un rapport singulier entre chacun et son employeur, chacun et l’Etat… Bref, qu’il n’y ait plus de valeurs collectives, de références communes, de droit dont on puisse se réclamer.
- Légitimation des inégalités : longtemps, la droite n’osait pas aller jusque-là. Aujourd’hui, elle admet que l’inégalité est finalement un moyen pour être tous plus prospères. Avant, la droite se récriait quand elle faisait des cadeaux aux plus favorisés, maintenant elle dit que c’est un problème de communication. Elle ne dénie pas l’objectif, elle prétend s’être mal fait comprendre. Son argument est que les cadeaux fait aux plus favorisés finiront –selon une vieille règle de la gouttière- par arroser par débordements ceux qui auront moins ! L’inégalité crée donc de la richesse ! C’est son argument. Et il ne faut pas penser que cet argument ne convainque que les plus favorisés. Il peut aussi impressionner –cela s’est vérifié au cours de la campagne de l’élection présidentielle- celles et ceux qui se disent « ben, si je peux m’en débrouiller tout seul et avoir plus, y compris au détriment des autres, pourquoi pas ! ».
- La communautarisation des esprits : chacun doit être dans sa famille. Famille tout court, famille spirituelle, famille territoriale… Bref, chacun dans une case et qui vient défendre au nom de cet ensemble ou de ce sous-ensemble ses intérêts dans la société. Il n’y a donc plus d’intérêt général. Il n’y a plus de valeurs communes, ni -de ce point de vue-là- de laïcité. Chacun peut être traité selon sa situation.

Voilà pourquoi il fallait mener une contre-offensive idéologique. Comment faire ? Méthode simple : partir de ce qui nous unit, comprendre les défis de l’individu. Nous sommes pour la reconnaissance de l’individu, nous portons un projet d’émancipation, nous voulons une personnalisation des politiques publiques.

Nous voulons valoriser l’homme, la femme, l’être humain pour ce qu’il est et ne pas considérer que son destin social se joue aux âges les plus précoces de la vie, qu’il n’y a pas de rémission quand il commet une faute ou quand il est touché par les aléas de la vie. Nous sommes profondément pour l’accomplissement de la destinée humaine et, en même temps, nous sommes pour qu’il y ait des références et des valeurs collectives.

Parler de la Nation, oui, car elle porte un projet collectif, elle émancipe, elle est le cadre de la démocratie, elle n’exclut que ceux qui n’entendent pas être dans le « vivre ensemble » ; la Nation ouvre vers une compréhension de l’autre, vers la diversité des cultures et vers la reconnaissance d’un monde qui doit être maîtrisé. Nous sommes dans la Nation, porteurs d’un esprit de la Nation, mais pas du nationalisme, de la peur des autres… Nous avons fait, là aussi, un chemin utile.

Et le socialisme par rapport au marché ! Comme si nous étions, nous, à travers nos expériences gouvernementales, hostiles à tout ce que le marché peut créer comme richesses ! Nous aimerions même qu’il en crée davantage. Nous reconnaissons même qu’il peut –c’est dans la déclaration de principes- conduire à la production de biens et de services. Mais pas partout et pas n’importe comment !

Quel est donc l’apport de cette déclaration de principes ? Tout d’abord de régler un certain nombre de débats qui traînaient depuis trop longtemps au sein du Parti socialiste.

Les uns et les autres se sont exprimés et ont tous dit que le Parti socialiste était un parti réformiste. Ce qui, à un moment, pouvait faire discussion. Mais, c’est une évidence. Comment définissons-nous le réformisme, d’ailleurs, dans la déclaration de principes ? « Un parti qui entend exercer des responsabilités de gouvernement à tous les niveaux ». Cela n’a pas dû échapper à nos observateurs. Nous sommes un parti qui veut exercer le pouvoir, qui veut changer la société. C’est cela la réforme ! Ce n’est pas une abdication, la réforme ! Ce n’est pas être plus modérés que d’autres ! C’est de réussir à changer la société.

Et enfin, et cela n’allait pas de soi « le Parti socialiste veut contribuer à changer la vie avec la société et par la société, par la loi et par le contrat ». Là-dessus, nous avons évolué et changé. Il ne suffit pas de voter des lois, il ne suffit pas d’avoir le pouvoir d’Etat. Faut-il mobiliser la société, les partenaires sociaux, les collectivités locales et être capables de traduire ce que nous votons au Parlement et de nouer des accords entre partenaires sociaux et de les respecter… Loi et Contrat. Voilà un débat qu’il fallait régler.

Même le débat européen qui nous a tant opposés. En définitive, nous sommes tous d’accord pour dire que les socialistes sont européens et qu’ils veulent porter un projet européen et des politiques européennes.

Nous avons donc réussi à régler ces débats-là, à en ouvrir d’autres sur l’émancipation individuelle, sur l’égalité, sur le féminisme, sur la démocratie jusqu’au bout, sur l’avenir de la planète, sur le développement durable et nous avons fait de l’écologie et du développement durable une finalité à l’identique de l’émancipation individuelle, de l’égalité et de la démocratie. Cela nous fait 4 finalités essentielles.

Nous avons également progressé sur le parti. Nous avons considéré que nous étions les héritiers d’une longue histoire qui ne commence pas avec le socialisme. L’histoire du Parti socialiste prend son origine dans le combat des Lumières, la Révolution française, les grands combats républicains. C’est notre spécificité.

Nous ne sommes pas nés du syndicalisme ouvrier comme d’autres partis sociaux-démocrates. Nous sommes nés d’un mouvement plus lointain, plus profond –et qui, quelques fois, nous a rendus plus distants à l’égard précisément du mouvement ouvrier. Nous prenons donc en compte cette grande histoire et, en même temps, nous voulons être le parti de la société, représentatif de l’ensemble de la société, du monde du travail, mais aussi des plus jeunes qui ne travaillent pas encore, des plus anciens qui ont beaucoup travaillé…

Nous sommes capables de porter la modernisation de la société, y compris lorsqu’elle hésite. Ce n’est pas tout à fait un hasard que ce soit toujours les socialistes qui ont fait les choix de liberté, qui les ont portés jusqu’à les rendre lois de la République menacées parfois. Nous sommes le parti de l’intérêt général, même si nous n’ignorons pas les intérêts de classes. Nous portons l’intérêt général. Non pas la réconciliation des classes. Nous considérons qu’il y a un intérêt général menacé par d’autres intérêts.

Nous avons dit que le parti socialiste a vocation à rassembler toutes les cultures de la gauche. Certains disent même que nous ne sommes pas allés assez loin dans le débat puisque nous n’avons pas réglé le problème des alliances. Le problème des alliances sera réglé au congrès. Et là nous aurons à avoir cette discussion et à trancher comme il conviendra. Mais nous avons fait un pas très important.

Je ne suis pas pour le parti unique de la gauche. Je suis pour un Parti socialiste unitaire. Donc, nous devons rassembler les cultures de la gauche. Si nous pouvons les rassembler en notre sein, elles y sont bien venues, mais dans le respect de notre déclaration de principes. Et si nous ne pouvons pas les rassembler –je peux comprendre que des familles politiques ne veuillent pas devenir ce que nous sommes- alors, notre vocation, notre obligation, notre devoir, c’est de rassembler ces cultures de la gauche. Voilà la stratégie que nous donnons à notre parti : être un parti unitaire. Après, faut-il s’élargir ? C’est une question que nous aurons à régler plus tard.

Sur la question tout à fait pertinente de l’opposabilité de la déclaration de principes à toutes les délibérations du parti, nous ne pouvons y répondre aujourd’hui car elle n’a pas été posée aux militants et je veux respecter nos procédures. Je le souhaiterais. Mais, au congrès prochain d’en décider. De ce point de vue, quand on relira la déclaration de principes, certains regretteront peut-être de l’avoir votée, même sur la disposition d’un parti féministe.

CONCLUSION

Nous avons fait un acte important. Nous avons, pour le Parti socialiste et pour la gauche, fait la clarté nécessaire. Mais, nous avons aussi réglé des questions statutaires qui ne sont pas apparues aussi importantes que la déclaration de principes. C’est normal. Nous avons fixé les dates de nos congrès qui étaient toujours hypothétiques. Nous avons dit, sauf événement dramatique que je ne souhaite pas, que les dates de congrès seraient un an après l’élection présidentielle et un an avant la suivante.

C’est au moment du congrès qui précédera l’élection présidentielle que nous désignerons notre candidat dans un délai de trois mois. Ce sera plus cohérent et plus utile. Nous avons même dit que ce sont les adhérents du Parti socialiste qui choisiront le candidat du Parti socialiste (ou la candidate). Ce qui n’empêchera pas, si nous sommes capables de rassembler la gauche et de porter une candidature commune de la gauche, d’autres procédures. Mais, pour ce qui concerne la phase socialiste, ce sont les adhérents qui choisiront. C’est donc une étape aussi dans la rénovation du Parti socialiste.

Mais rien ne sera possible pour le « vivre ensemble » sans que l’on soit effectivement scrupuleux sur le vote des militants et respectueux de ce vote. Il ne suffit pas de voter –nous le faisons. Il faut qu’il y ait un esprit collectif qui permette que le vote produise une dynamique. Je le dis avant notre congrès. Il va y avoir sans doute des textes de contributions, nombreux, des motions, moins nombreuses, puis ensuite un vote pour le Premier secrétaire.

Il faut donc que le vote ne soit pas simplement la conséquence, la traduction ; il faut qu’ensuite, quelles qu’aient été nos positions, nous soyons mobilisés derrière celui (ou celle) qui aura été choisi comme Premier secrétaire et derrière la ligne qui aura été fixée pour le Parti socialiste. Cela n’empêche pas les minorités, les sensibilités. Mais, c’est très important si l’on veut retrouver de la crédibilité. Je ne supporte plus que lorsque le Parti socialiste, ayant délibéré collectivement, a pris une décision quelle qu’elle soit sur la politique intérieure ou sur la politique extérieure, il s’en trouve toujours, qui, par leurs déclarations, contredisent la position qui a été émise.

Comment voulez-vous être compris, être crédible ? Comment voulez-vous que la politique puisse trouver auprès des citoyens, auprès des Français, une forme de légitimité, si tout est confusion, contradiction ?
On pourra toujours dire que c’est la masse du parti qui a voté ainsi et quelques individus… Dans la société médiatique telle que nous la connaissons, cela n’est pas possible. Je ne dis pas à ceux qui ne sont pas d’accord de se taire, je ne leur demande pas de renoncer à leur point de vue. Je leur dis que, publiquement, chaque fois qu’ils s’expriment, ils nous engagent tous.

Le congrès va s’ouvrir dans quelque temps et il faut qu’il permette de répondre aux questions qui sont aujourd’hui posées au Parti socialiste, et pas à celles d’hier. Que chacun comprenne bien qui répond et comment aux questions. J’en ai posé 10 et il y en a sûrement davantage. Le congrès doit nous permettre de montrer là où nous sommes convergents et là où nous avons nos différences d’approche. Ensuite, il faut construire une ligne politique et, enfin, choisir nos dirigeants. C’est cela l’enjeu du congrès et je souhaite que cela soit fait dans le bon ordre.

Je crois qu’il nous faut –je commence par moi en tant que Premier secrétaire- prendre en considération que nous sommes dans un moment qui n’est pas facile pour nos compatriotes. C’est dur de vivre sous la droite depuis 6 ans et sous cette droite-là depuis un an. C’est dur car la situation économique, énergétique, pèse. C’est dur parce qu’il y a une offensive sur le plan idéologique, elle est également évidente sur le plan législatif.

Il faut donc, dans notre congrès, et après, que nous ne soyons préoccupés que des Français. Pas de nous-mêmes. Un peu de nous-mêmes, mais d’abord des Français. Nous sommes la seule force d’alternative, il n’y en a pas d’autres. Il y a des forces qui peuvent nous empêcher d’être l’alternative, mais nous sommes la seule qui peut porter un changement. Nous avons donc un devoir supérieur à toutes les autres : nous devons démontrer notre rejet de la politique gouvernementale et notre capacité à agir efficacement.

Sur le pouvoir d’achat, il y aurait tant à dire : l’inflation a repris, retard dans les rémunérations, prélèvements supplémentaires, franchises, dépassement, les carburants. Et la réponse est : plus tard, après, on verra bien… J’entendais le Premier ministre sur une mesure d’urgence qui aurait déjà due être prise : les chèques transports.

On nous dit maintenant que cela sera sur la feuille de paye ; ensuite, on nous parle de discussion… Avec les partenaires sociaux pourquoi pas (ce serait bien la première) pour ensuite nous préciser que cela doit passer par une loi… Dans combien de temps ? Qu’est-ce qu’il y aura l’année prochaine ? Sait-on que les chèques transports qui ont été votés par la majorité actuelle –sous Dominique de Villepin, mais c’est la même- ne sont pas obligatoires. Et après, le Premier ministre feint de dire qu’il est désolé car l’application est impossible puisque les entreprises ne le font pas. Il suffirait de rendre le dispositif obligatoire ! Ce n’est pas fait.

La deuxième considération qui pèse aujourd’hui, au-delà de la question du pouvoir d’achat, c’est le sentiment d’injustice qui peut déboucher sur la colère. Je ne sais pas ce que seront les mouvements dans les prochains jours. Ce que je sais, c’est qu’il y a beaucoup de ressentiment personnel et je ne m’en réjouis pas. Parce qu’il y a trop d’injustices. Quand l’effort est demandé au plus grand nombre et les avantages accordés à une petite minorité. Il est vrai que le sentiment n’est plus la raison, mais la révolte.

On va demander à 2,5 millions de personnes qui, aujourd’hui, perçoivent la Prime Pour l’Emploi, d’y renoncer pour financer le Revenu de Solidarité Active (RSA). Je rappelle que la Prime Pour l’Emploi a été créée pour les contribuables qui ne payaient pas l’impôt sur le revenu au moment où nous, nous avions décidé de baisser l’impôt sur le revenu. C’était donc une mesure juste que de dire que, puisque l’on va baisser l’impôt sur le revenu de ceux qui payent l’impôt sur le revenu, on va donner l’équivalent sous forme de prime pour l’emploi à ceux qui ne payent pas l’impôt sur le revenu. Et, aujourd’hui, on va reprendre la baisse d’impôt que l’on avait accordé aux plus modestes pour financer les plus pauvres ! Sentiment d’injustice que l’on retrouve à travers le paquet fiscal et autres rémunérations.

Le troisième élément, c’est la brutalité. C’est une espèce de constante dans le comportement de Nicolas Sarkozy. « J’ai forcément raison, puisque je suis Président de la République ». Jean-Luc parlait du « sur Moi marxiste ». Il n’y a pas de « sur Moi » chez Nicolas Sarkozy. Il n’y a que le Moi. Lui, il s’est débarrassé de tout « sur Moi ». Le « sur Moi », c’est lui si je puis dire. Comme il pense avoir raison, c’est le passage en force. Passage en force sur les retraites, même si bien sûr chacun prend en compte l’allongement de l’espérance de vie et les conséquences logiques. Mais, alors que le travail des seniors n’a toujours pas été réglé, alors qu’il n’y a pas de différence selon la pénibilité, on impose de travailler un an –bientôt deux ans de plus-, alors même qu’un tiers seulement des plus de 55 ans ont un travail.

Brutalité dans le service minimum de l’Education ; brutalité avec les collectivités locales, surtout si elles sont socialistes et qu’elles ne veulent pas organiser le service minimum, on l’obligera par une loi.
Il décide de supprimer la publicité sur les chaînes de télévision publiques mais il en octroie une supplémentaire aux chaînes privées ! Voilà comment il défend le service public.

Passage en force sur le temps de travail. Le patronat scelle un accord avec les deux plus grandes centrales syndicales du pays –ce n’est pas si fréquent- sur la représentativité et sur le temps de travail permettant des dérogations au contingent d’heures supplémentaires au niveau des conventions collectives –à titre expérimental, il est vrai. Nicolas Sarkozy recevant cet accord le déchire et dit que l’on passera par la loi. Et ceci n’est pas pour régler leur compte aux 35 heures ! il y a longtemps qu’il l’a fait. Cette disposition n’est pas prise contre les 35 heures, mais contre la réglementation du travail, car il sera possible, entreprise par entreprise, de déroger et à la durée du travail, et à la rémunération des heures supplémentaires et à toutes les formes de contingents ou de repos compensateurs. Voilà ce qui est en cause.

Dans ces moments-là, il est vrai qu’il faut avoir les idées claires à travers une déclaration de principes. Il faut avoir un congrès utile pour nous permettre d’affirmer des propositions elles-mêmes crédibles. Il faut être capable aussi de rassembler largement la gauche.

Il y a une manœuvre du pouvoir. Elle se dit. Elle se proclame. Elle ne met pas en cause ceux qui sont visés par la manœuvre ou qui en sont les instruments. La droite voudrait que l’Extrême gauche puisse jouer le rôle que l’Extrême droite a, hélas, pu jouer à un moment donné. Elle se dit que si l’Extrême gauche peut prospérer, si la radicalité peut s’installer, alors les forces réformistes n’auraient plus de perspectives pour venir au pouvoir. Cette manœuvre ne sera pas simplement dans la réforme des modes de scrutins, y compris pour les régionales. Cette manœuvre sera toujours répétée dans l’espoir qu’elle se produise avec ses effets le moment venu.

La meilleure façon de déjouer la manœuvre n’est pas d’accuser, de stigmatiser. C’est d’être nous-mêmes, de nous affirmer comme socialistes, de faire le travail nécessaire de pensée, de réflexion, de crédibilité.

N’ayons peur de rien. Si ce n’est quelques fois un peu de nous-mêmes. N’ayons peur de rien car nous avons, nous, la réponse. Quelqu’un demandait si le socialisme était un refus ou une espérance. Nous sommes capables, peut-être plus facilement, d’exprimer des refus que de porter parfois une espérance. Si nous avons le refus de l’injustice, le refus du cynisme, le refus du passage en force, le refus de la régression, notre devoir est de construire vite l’espérance, notre devoir est de donner le sentiment à chacun –socialiste ou pas- que face à cette droite-là, il y a une force qui existe, une force fière de son histoire, mais une force qui est là et qui ne s’arrêtera pas… La vôtre.


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