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Les personnes âgées, victimes de la politique actuelle - 25/02/2008

Les personnes âgées, victimes de la politique actuelle

La retraite : un grave problème de pouvoir d’achat

La question des retraites représente un sujet majeur pour les années à venir. C’est un enjeu à la fois social, financier et politique.

Aujourd’hui, notre pays connaît plus de 13 millions de retraités. D’ici à la fin de la prochaine décennie, ce nombre sera, sans doute, supérieur à 16 millions, soit une progression de près de 25%.

La réforme Fillon du printemps 2003 a échoué, à double titre :
- Elle a aggravé les inégalités sociales et contribué à réduire ce qu’il est convenu d’appeler le taux de remplacement ;
- elle n’a pas empêché une évolution déficitaire de la branche vieillesse du régime général. Le premier déficit est en effet apparu en 2004.

Deux priorités s’imposent dans la période.
- D’une part, une forte revalorisation du niveau des petites et moyennes pensions, pour faire face à la baisse actuelle du pouvoir d’achat. D’autant qu’environ 1 million de retraités restent sous le seuil de pauvreté ;
- D’autre part, il s’agit d’inverser la tendance à l’œuvre depuis près d’une décennie qui se caractérise par une érosion inquiétante du taux de remplacement pour celles et ceux qui parviennent progressivement à l’âge de la retraite.

Cette tendance à la baisse du niveau des pensions s’explique par deux raisons :
- La dégradation des conditions d’évolution des carrières professionnelles, liée à la montée de la précarité, de l’intermittence et des temps partiels subis (30% des embauches en CDI), continue à réduire le nombre et le niveau des carrières complètes ;
- L’effet de la réforme Balladur de 1993, instaurant progressivement sur 15 ans, un calcul de référence sur les 25 meilleures années et non plus sur les 10 meilleures ;
Cette tendance lourde pourrait s’aggraver, si rien n’était tenté dans les prochaines années.

Face à ce tableau, plusieurs solutions s’offrent à nous, pour inverser le mouvement et surtout sortir de la pauvreté des centaines de milliers de personnes âgées, tout en assurant le financement pérenne du système par répartition.
La relance du taux d’activité des seniors (50-60 ans) et des jeunes de moins de 30 ans est décisive, comme le préconise le COR. La période 1997 / 2001 avait permis la création de 2 millions d’emplois, et de renouer avec l’équilibre des comptes sociaux.

La sollicitation plus marquée des revenus financiers paraît incontournable, au-delà même des pistes évoquées dans le rapport Seguin sur les stocks options. Un réexamen approfondi de l’enveloppe des 25 milliards d’euros d’exonérations ou d’allègement des cotisations sociales, s’impose.

L’allongement jusqu’à 41 annuités envisagé par le gouvernement et le MEDEF, mais combattu par toutes les organisations syndicales de la durée de cotisation, assorti d’une extension à due concurrence de la période d’imputation d’une décote supplémentaire, ne saurait résoudre le problème. Il aboutirait, en effet, à une aggravation de la baisse du taux de remplacement pour celles et ceux qui éprouveront, déjà, toutes les peines du monde à accéder à une retraite à taux plein, avec l’exigence de 40 annuités.

Il paraît difficile de chercher à allonger la durée de cotisation au moment où la pleine activité professionnelle débute rarement avant 30 ans, pour se trouver directement menacée dès l’âge de 50 ans. En outre, cette perspective ne prend pas en compte les questions de pénibilité, et de disparités d’espérance de vie.

Les Franchises médicales injustes et dangereuses

On ne choisit pas d’être malade. Pourtant, en imposant des franchises médicales, c’est-à-dire de nouvelles taxes, le pouvoir cherche non seulement à culpabiliser mais aussi à pénaliser les malades, alors qu’ils subissent déjà l’inégalité sociale et territoriale d’accès aux soins.

Désormais, la maladie est aussi facteur de double peine. Les franchises s’ajoutent aux multiples déremboursements imposés depuis la réforme Douste Blazy contrairement aux engagements législatifs de l’UMP. Et, le pouvoir ment quand il affirme que les franchises médicales sont remboursées par les mutuelles.

Les malades, et même les patients souffrant d’affections de longue durée - diabétiques, cardiaques, victimes du Sida - doivent payer pour d’autres malades. Ainsi, ce sont en particulier les personnes âgées qui doivent payer pour lutter contre la maladie d’Alzheimer. C’est la rupture voulue par Nicolas Sarkozy, rupture en fait avec toute forme de protection sociale et de solidarité.

Pour l’heure les franchises médicales représentent :
- 50 centimes d’euros par boîte de médicaments et par acte paramédical,
- 2 euros par transport sanitaire,
- un plafond global pour l’heure de 50 euros par an.

Si l’on ajoute le forfait de 1 euro par consultation, plafonné à 50 euros par an, ce sont bien 100 euros par an, non remboursables, que certains malades doivent payer. Sans mobilisation de tous contre ce dispositif, il ne s’agira sans doute que d’une première étape. Nous sommes en présence d’une vraie tentation de détricotage de la protection sociale. Les 850 millions annuels attendus peuvent en effet très vite se transformer en milliards de déremboursements supplémentaires, dans les années à venir, compte tenu des dérapages financiers en cours.

Cette décision est dangereuse dans son principe même :
- elle aggrave l’inégalité d’accès à la santé, au moment où les disparités d’espérance de vie s’accroissent : elles représentent désormais un écart de 10 ans, selon les catégories socio professionnelles.
- elle fragilise les précaires, les retraités, les salariés, les jeunes, les malades de longue durée alors que d’ores et déjà 13 % de la population hésitent ou renoncent à se soigner pour des raisons financières.
- elle ne règle rien, en terme de financement de l’assurance maladie. Nous nous dirigeons encore vers les 6 milliards d’euros de déficit pour 2008.

Elle interdit toute politique de santé publique.
Elle ruine tous les discours sur la prévention sanitaire, au moment où le pouvoir reste muet sur les dépassements d’honoraires qui atteignent 2 milliards d’euros annuels.
Le retrait immédiat des franchises médicales pour défendre l’accès aux soins pour tous, pour préserver les chances d’une politique de santé publique, représente aujourd’hui, un préalable indispensable.

Pour une autre politique en direction des personnes âgées

Les seniors ont largement voté en faveur de Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle. 9 mois après, le constat est sévère.

La promesse de Nicolas Sarkozy d’augmenter de 25% le niveau de toutes les petites pensions est restée sans lendemain ! L’augmentation sous forme de prime de 200 euros ne correspond pas aux engagements du printemps 2007. Le nombre d’allocataires du minimum vieillesse est de 640 000. Les retraités percevant moins que le SMIC, sont plusieurs millions. Il faut, notamment, compter, parmi eux, toutes les personnes âgées et en particulier les femmes, allocataires du simple minimum contributif - grandes oubliées du gouvernement.

La baisse du pouvoir d’achat en 2007 et 2008, pour plus de 13 millions de retraités est une réalité, en quelque sorte actée par l’intervention du Chef de l’Etat du 6 février dernier.

En raison de leur état de santé plus fragile, les retraités sont en général les principales victimes de la mise en œuvre depuis le 1er janvier des franchises médicales. Ils devront payer une grande partie de cette mesure, particulièrement injuste.

Ainsi pour une personne âgée malade et touchant le minimum vieillesse, les franchises médicales ont pu, dès ce début d’année, amputer de 10% la pension de retraite du mois de janvier.

Les seniors ont, de plus, subi la hausse de leur redevance audiovisuelle

En outre, la fin de l’Allocation Personnalisée à l’Autonomie semble programmée dans les prochains mois au profit d’une incitation plus systématique au recours aux assurances privées ; cette allocation est aujourd’hui perçue par plus d’un million de personnes âgées.

Celles-ci ont échappé de peu, et sans doute de façon provisoire, au recours sur succession sur l’A.P.A. ; nous récusons pour notre part cette conception qui repose sur la culpabilisation des familles et des personnes âgées, et brise la démarche solidaire et universelle engagée par l’Allocation Personnalisée d’Autonomie, créée en 2001.

Les retraités et les seniors ont ainsi de quoi être déçus et en colère.

Face à cette politique, nous demandons :
- la hausse immédiate de toutes les petites pensions inférieures au SMIC et, notamment, du minimum vieillesse et des pensions de réversion, conformément aux engagements du printemps dernier, pris par le candidat à l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy.
- la suppression des franchises médicales qui pèsent d’abord sur les personnes âgées consommatrices de soins, et aggravent les phénomènes de renoncement aux soins.
- la mise en place d’un 5ème risque dépendance financé par la solidarité nationale et non par les personnes âgées elles-mêmes et dans cette attente une véritable péréquation, pour aider les collectivités territoriales dans leur action de solidarité. Aujourd’hui la prise en charge de la dépendance est financée à 70% par les collectivités territoriales alors qu’elle l’était à 50% en 2002. Cette situation développe des inégalités sociales et territoriales très préoccupantes.

Les socialistes s’engagent à travers leurs élus locaux et notamment dans la campagne en cours :
- à faire toute leur place aux retraités dans la vie publique et sociale
- à adapter la ville au vieillissement de la population (accessibilité des lieux publics, lutte contre l’isolement, prévention de la dépendance...)
- à développer, dans les départements qu’ils gèrent, l’Allocation personnalisée à l’Autonomie, une politique ambitieuse d’aide à domicile et une modernisation des établissements d’hébergement.



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