Paris le 16 janvier 2007,

 

Communiqué du Bureau national

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Le PS soutient l'action des collectifs LBO

 

 

Le Parti socialiste s'inquiète de la place grandissante occupée par les fonds d'investissement dans notre économie. La multiplication ces derniers mois des opérations de rachats d’entreprises avec effet de levier, ou " LBO " (Picard, Vivarte, Cegelec, VVF, TDF, Noos, Printemps, Well, Arena, Aubade…), est porteuse de réelles menaces pour notre cohésion économique et sociale.

Ces pratiques, qui privilégient une conception strictement financière de notre économie, au détriment de toute vision industrielle et sociale de long terme, font peser des risques considérables sur notre tissu économique. La recherche d’un profit maximal immédiat, le recours à un endettement toujours plus important et la part mécaniquement croissante des entreprises soumises à " LBO " favorisent les défaillances, accélèrent les délocalisations et fragilisent à terme notre économie.

Les premières victimes de ce phénomène sont les salariés concernés. La politique économique et salariale menée au sein des entreprises faisant l'objet d'un " LBO " consiste le plus souvent à rechercher un rendement maximum en un temps record. Les entreprises cherchent dès lors à réduire drastiquement leurs coûts au détriment de l'emploi, de l'investissement et de la sécurité des salariés.

Le Parti socialiste est favorable à la création d'une commission d'enquête sur la place et le rôle des fonds d’investissement dans notre économie. Il soutient l'action des collectifs " LBO " qui ont été constitués spontanément pour fédérer les nombreux salariés victimes de telles pratiques.

Il souhaite que les opérations de " LBO " soient mieux encadrées. La mise en œuvre d’une nouvelle démocratie sociale comprendra une faculté d’intervention des représentants des salariés au moment des cessions d’entreprises, et la réforme fiscale incitera les entreprises à privilégier la rémunération du travail et l'investissement productif dans la durée.

Ces pratiques posent également la question de l'accès des entreprises à des financements qui leur permettent d'assurer leur développement sans devoir passer par la bourse ou de tels mécanismes financiers de prédation. Au-delà du recours occasionnel aux financements publics, il conviendra de réorienter l'offre de crédit et le secteur bancaire à cette fin.