Front populaire : des réformes, un espoir, le Front populaire demeure dans la mémoire de la gauche ce qui peut arriver de mieux à un pays quand la gauche sait s'unir et gouverner pour le peuple et avec le peuple. Ce fut le cas en France, mais aussi au Chili et en Espagne.

Ils créèrent " un, deux trois Front populaires

En France...

Le Front populaire en France a été formé à la suite des émeutes du 6 février 1934. Au-delà des mots d'ordre de défense de la république, de lutte contre le fascisme, la gauche revendiqua du pain, la liberté et la paix. Le gouvernement Blum conclut le 7 juin 1936. les accords de Matignon, un des événements phares de son action. Les accords, signés entre le patronat, le gouvernement et la CGT permettent aux ouvriers d'obtenir l'augmentation des salaires (entre 7 et 15 %), la nomination de délégués du personnel, la liberté du droit syndical, les conventions collectives, la semaine des 40 heures, deux semaines de congés payés.

Le gouvernement crée l'office du blé qui aide les agriculteurs touchés par la crise. Ce qui va servir de modèle plus tard à la PAC. Sur le plan colonial, le code de l'indigénat est fortement attaqué et Félix Eboué devient le premier noir gouverneur de la Guadeloupe puis du Tchad.

Au Chili

Il n'y a pas qu'en France que L'unité de la gauche su créer l'espoir. Au Chili, déjà trente ans avant la belle aventure de l'Unida popular d'Allende, un front populaire s'était formé. Il s'agissait d'une coalition entre les communistes, les socialistes, les radicaux et la Confédération des travailleurs. Le pays avait été durement touché par la crise de 1929. L’unité s'est créée en 1936 et pour la première fois, la gauche parvint au pouvoir en 1938 pour y rester jusqu'en 1952 ! Le pays connut alors une stabilité politique qui permit au président

Pedro Aguirre Cercla de mettre en place à sa manière un programme de New Deal et son ministre de la santé instaura la sécurité sociale. C'était un médecin qui s'appelait Salvador Allende... Les présidents suivants, Rios et Videla (rien à voir avec le dictateur argentin !) accentuèrent cette politique (il y eut même des ministres communistes dans le gouvernement). La coalition perdit les élections en 1952.

En Espagne

Le Frente popular le plus connu hors de France fut évidemment celui qui en Espagne se constitua le 16 février 1935 avec les républicains de gauche, les communistes, les trotskistes et les socialistes. Ce fut un front unique à plus d'un titre car il bénéficia même du soutien des anarchistes et notamment ceux de la puissante CNT. Cette alliance remporta les élections de 1936 contre le Front national (droite) et le centre. Son programme était réformiste. Le PSOE en était la force principale et ses leaders, Francisco Largo Caballero et Juan Negrin jouèrent un rôle de premier plan dans le gouvernement. Il s'agissait de poursuivre les réformes entreprises en 1931, mais stoppées par le précédent gouvernement conservateur. Manuel Azana forma un gouvernement qui fut contestée par la droite et l'armée qui s'insurgea, entraînant le pays dans une sanglante guerre civile de trois ans qui abouti à la dictature franquiste qui sévit jusqu'en 1975.

Pierre Kanuty

Pour en savoir plus

Le Cercle Léon Blum a organisé

un colloque le 18 mai dernier sur Léon Blum avec Alain Bergounioux, Serge Berstein, Ilan Greilsammer, Gilles Finchelstein, Denis Lefebvre, Robert Badinter, Louis Mermaz, Pierre Mauroy, Monique Canto-Sperber, Dominique Strauss-Kahn, François Hollande et Bernard Poignant.

Les actes de ce colloque seront bientôt disponibles sur le site du cercle Léon Blum

(www.cercle-leon-blum.org) et en librairie.

À LIRE

Histoire du syndicalisme (1906-2006) de Dominique Andolfatto et Dominique Labbé (Le Seuil).