Vœu déposé par Roland CORRIER

au nom du Groupe des Elus de Gauche

séance plénière du Conseil général du 27 avril 2006

Tchernobyl, 20 ans après

Triste anniversaire que ce 26 avril 2006.

 

Le 26 avril 1986 a vu l’explosion du réacteur N° 4 de Tchenorbyl, en Ukraine, à 2000 km de la France. A l’époque, alors que tous les pays d’Europe avaient constaté une augmentation très importante de dépôts de particules radioactives au cours du mois de mai 1986, la France apprenait par le journal Libération que " la légère hausse de radioactivité décelée dans le sud-est n’est pas significative " ou dans le Figaro que " des particules radioactives ont été détectées dans le sud-est de l’hexagone. Mais en quantité trop faible pour présenter le moindre danger. ""

Le SCPRI (Service Central de Protection contre les Rayonnements Ionisants) rédige un " communiqué spécial " : " L’accident de Tchernobyl n’a aucune incidence en France et ne nécessite absolument aucune précaution ". Le 6 mai 1986, le ministère de l’Agriculture, alors dirigé par Monsieur François Guillaume publie dans un communiqué " Le territoire français, en raison de son éloignement, a été totalement épargné par les retombées de radionucléides consécutives à l’accident de la centrale de Tchernobyl. À aucun moment, les hausses observées de radioactivité n’ont posé le moindre problème d’hygiène publique. "

Depuis 1986, de nombreuses cartes ont été constituées. En 1997, l'Institut de protection et de sûreté nucléaire (IPSN), successeur du SCPRI, en a produit une en se fondant sur les mesures de contamination des végétaux et du lait. En 2003, une nouvelle carte est proposée, mettant en relation les dépôts et les précipitations. Dernier épisode, le 27 mars 2006, le conseil scientifique de l'IRSN (qui a succédé à l'IPSN) confirme la validité des travaux de l'Institut concernant les retombées de Tchernobyl en France.

Aujourd’hui, la chape de plomb qui a couvert de silence la France pendant près de vingt ans commence à se soulever. Oui, le nuage de Tchernobyl est bien passé sur la France, au cours des jours qui ont suivi l'explosion.

Au cours des derniers mois, la Commission Particulière du Débat Public a très souvent entendu cette question " comment voulez-vous qu’on vous croie ? " adressée aux scientifiques aussi bien qu’aux responsables politiques.

Oui, le citoyen n’a plus confiance ; il ne veut pas être rassuré, mais assuré.

Aussi, plus que jamais, il est nécessaire de prendre du temps dans les études et l’expérimentation et ceci dans la plus grande transparence.